CamilleGallardFilms / / / gallard.camille@gmail.com / © 2013 by camillegallard

A propos...

 « Notre mémoire est une fiction.

Cela ne veut pas dire qu’elle est fausse, mais que, sans qu’on lui demande rien, elle passe son temps à ordonner, à associer, à articuler, à sélectionner, à exclure, à oublier, c’est-à-dire à construire, c’est-à-dire à fabuler. »


Nancy Huston

photographie : Micky Cornet 2017

Camille Gallard

Née en 1983

Vit et travaille à Lille - Atelier La Malterie -

 

Après des études à l’école des Beaux Arts d’Angers et plusieurs documentaires où elle filme l’intimité dans le cercle familial, l’identité et la transmission, son travail évolue vers une réécriture du réel. Elle fait s’aventurer le documentaire du côté de la fiction ; s’interrogeant ainsi sur la façon de travailler une œuvre plastique qui va chercher sa matière du côté du cinéma mais aussi du côté de la narration.  

Qu’est ce qui est fiction et qu’est ce qui est réel ?

 

Le film "On est pas encore morts" aborde précisément cette double question : dans un territoire filmé comme un personnage (le bassin minier et son histoire pleine de soubresauts) quatre protagonistes se rencontrent et se révèlent. Camille Gallard travaille en immersion, très proches des acteurs, avec un regard sensible et sensuel : ses cadres sont très construits,  elle privilégie la caméra sur pied et les plans séquences, elle cherche la mise au détail, la texture d’une étoffe, le grain d’une peau. Cette maîtrise de l’image lui permet aussi de laisser venir l’intime, le jeu, l’espace de respiration.

 

Car ses films sont des prétextes à la rencontre et en donnent les limites : si sa démarche est empathique, elle n’en est pas moins directive, suivant un scénario établi et une exigence esthétique. Le réel, pris comme matière brute, est sculpté par des cadres serrés, parfois ralenti, ou basculant dans la fable. Pourtant, il n’est pas domestiqué : Camille Gallard se met à l’épreuve, en tant qu’artiste, en choisissant de travailler non pas avec des comédiens mais avec des habitants. L’engagement est humain, collectif mais aussi personnel et intime.  Lorsqu’elle tourne « What is she going to find on the couch ? », elle choisit Detroit, une ville dangereuse qu’elle aborde à nouveau dans une démarche immersive. Durant le mois qu’elle passe avec les habitants, se tissent des relations de confiance, qui lui permettent d’introduire l’énergie de la fiction, la liberté du geste chorégraphique, la légèreté de l’humour. C’est dans de tels interstices que surgissent aussi d’autres éclats du réel.

 

Son travail trouve sa place dans les cinémas, les galeries d’art, sur des écrans géants en extérieur, et sous forme d’installations : autant d’espaces qui peuvent participer à une réécriture de la narration, à une relation renouvelée au corps du spectateur. Ces problématiques, liées à la diffusion des images, occupent particulièrement ses recherches actuelles.